Au centre de vaccination, le médecin me regarde et me dit : « Mais qu’allez-vous faire à Abidjan ? Ca n’est vraiment pas une destination commune ». Oui en effet, ca n’est pas une destination à laquelle j’aurais pensé si mon frère ne s’était pas installé là-bas. N’ayant jamais été en Afrique de l’Ouest, j’étais impatiente de découvrir. Et quelle découverte, dépaysement garanti.
Infos pratiques
De nombreux vols direct ou non. Nous avons pris le vol Air France qui fait escale à Bamako (Mali), qui était moins cher. En résumé, on reste dans l’avion pendant que les 3/4 des passagers sortent à Bamako. Après une petite heure d’attente on repart pour 1h15 de vol jusqu’à Abidjan. Rien de traumatisant, les 8H passent assez vite et on se dégourdit les jambes dans les allées.
Pensez a faire le visa sur le site du SNEDAI, qu’il faudra obligatoirement présenter a la douane ivoirienne accompagné du livret de vaccination international mentionnant le vaccin contre la fièvre jaune.
La monnaie utilisée est le Franc CFA. Il faut retenir que 1000 CFA équivalent environ à 1,50 €.
Nous sommes partis début mai, qui correspond au tout début de la saison des pluies, mais nous avons été chanceux car nous n’avons quasiment pas eu de pluie. Mais parfois, les orages sont violents, les inondations impressionnantes et peuvent de nombreux morts chaque année.
Bonne arrivée ! Akwaba !
Bonne arrivée et akwaba signifient « Bonjour, Bienvenue ». On l’entend souvent car les Abidjanais sont très accueillants et très prévenants.
Abidjan est une ville très étendue, pour laquelle il est impératif de prendre en compte la circulation . Sur un même itinéraire, on peut mettre 20 minutes comme 1 heure. On se déplace exclusivement en voiture. Abidjan est le plus grand port d’Afrique de l’Ouest et nos voitures, ultra polluantes et interdites de circuler, y arrivent directement. Elles sont surnommées les « France au revoir ». Nous qui sommes des habitués des longues marches à pieds, ça a été notre premier vrai choc.

Tout au long de la semaine, nous avions un chauffeur : ABOU. Nous avions une liste de choses que nous voulions voir et qu’il complétait en nous proposant des lieux, des activités ou des restaurants. Cela nous a permis de maximiser au mieux notre semaine. Je laisserai volontiers ses coordonnées s’il y a des intéressés.
JOUR 1
Le premier jour nous sommes allés au marché du CAVA (centre artisanal de la ville d’Abidjan). On trouve de l’artisanat local : statuettes, bracelets, meubles, peintures, sacs… Les stands fait de bois et de tôles sont très nombreux et on se fait alpaguer « juste pour regarder » à chaque échoppe. La négociation est de mise ! Nous sommes repartis avec des petits souvenirs à rapporter à nos proches : Sculptures, panier, bracelets, …



Nous avons déjeuné dans un maquis « Chez tantie Alice« . Les maquis sont communs à Abidjan. Ce sont des espaces de restauration, plutôt spartiates parfois fait de matériaux de récupération où on mange de la nourriture africaine à petit prix. Nous avons pu découvrir le plaisir de manger avec les mains. Comme dirait Abou « tu fais une petite boule et après tu prends le poisson ou le poulet ». C’était notre premier test de l’alloco (sorte de banane plantain frite), l’attieke, le poisson et le poulet braisé. Un régal !

On a filé après au Marché d’Adjamé. C’est un lieu très populaire, riche en épices, saveurs, … et dont les produits nous sont pour certains totalement inconnus. C’est aussi un choc, ca grouille de monde, d’odeurs, d’animaux.. et les poubelles extérieures à l’air libre, sous une chaleur écrasante n’aident pas. L’odeur est absolument insupportable pour nous.



Dans le quartier, on peut aussi découvrir les lieux où la toile de jute locale est fabriquée, ainsi que pleins d’autres activités spécifiques.
On finit par un verre au bord de la piscine du Wafou, un hotel de la zone 4, avant de retrouver mon frère et Tanya pour fêter mon anniversaire. Tanya avait réservé dans un endroit absolument adorable : Le KAJAZOMA. Ambiance feutrée, meubles chinés, piscine, nourriture africaine et bons vins !


JOUR 2
Nous avons continué à nous balader dans différents quartiers d’Abidjan. Nous avons découvert le Plateau, quartier des affaires où se concentrent des centres administratifs et sociétés ivoiriennes dans de grandes tours.

S’y trouve aussi l’impressionnante Cathédrale saint Paul. Nous avons été alpagués par un homme y travaillant (un curé?) assez mécontent que nous soyons là sans avoir payé de guide….mais aucun panneau ne l’indiquait… Il nous a fait asseoir dans un bureau, nous a montré une photo de lui tendant le micro à Jean-Paul II lors de la messe de consécration en 1985 pour enfin nous soumettre une enveloppe pour y glisser des dons… Bon c’était spécial et un peu autoritaire, mais la voir vaut vraiment le coup d’oeil ! Le bâtiment est spectaculaire et les vitraux sont magnifiques.


Abou nous a proposé d’aller voir une exposition d’Aliou DIACK à la fondation Donwahi. Belle surprise, nous ne connaissions pas cet artiste dont les peintures rappellent l’art rupestre préhistorique d’où se détachent des formes animales et humaines. Il n’utilise que des éléments naturels, des pigments, de la terre, des végétaux.

Pause dej’ chez Marrouche, très bon restaurant libanais conseillé par Abou ! Il y a une importante communauté libanaise a Abidjan.

Continuant sur notre lancée artistique, nous sommes allés à la galerie Amani. Léon N’Guetta artiste autodidacte y présente ses créations. C’est simple, on aimerait tout acheter ! Les miroirs et meubles sont magnifiques, tout comme les sculptures. Les photos sont malheureusement interdites, alors je vous invite à rechercher sur internet pour avoir un aperçu ! Au sein de cette galerie, la marque Adeenkra était représentée. Des franco ivoiriens ont crée cette marque équitable et éthique. Ils font des sacs et des pochettes pour ordinateur aux couleurs de l’afrique. Et pour tout achat, un enfant est entièrement équipé pour l’année scolaire. Autant dire que j’ai fondu et ait contacté la marque pour obtenir un modèle en particulier. J’en suis absolument ravie !

Nous retrouvons Tanya à l’Hotel Particulier, avalons un délicieux jus de bissap et gingembre et partons à une soirée particulière…

Nous sommes invités au concours de Miss Awoulaba Cocody Abidjan. C’est un concours de beauté selon les critères africains. Elles ont des formes généreuses, dansent et défilent dans différentes tenues typiques. Le thème est « Le planning familial », elles sont toutes interrogées à ce sujet. La réponse qui revient le plus souvent est que le planning familial leur permet de rester belles en évitant des grossesses. L’ambiance est sur scène et dans la salle, les supporters sont venus nombreux pour encourager leur miss préférée !
JOUR 3
On file a la station balnéaire de Grand Bassam ce jour. A une heure trente de route environ. C’est l’ancienne capitale de Côte d’Ivoire (déplacé à Bingerville par la suite). Le centre de la ville, le quartier France est classé au patrimoine de l’UNESCO. Elle est aussi tristement célèbre pour l’attentat de 2016 revendiqué par Al-Qaïda. Les alentours recèlent d’hôtels de luxe.
On y trouve de très belles demeures coloniales, sublimes vestiges architecturaux. Elles sont souvent en ruine, et la végétation a repris ses droits, ce qui confère à ce quartier un charme particulier. L’ancienne maison du gouverneur aujourd’hui le musée du costume a été rénovée. Ce musée est intéressant de part son architecture, mais aussi pour ce qu’il présente : des costumes et des architectures et leurs explications selon les tribus, ainsi que des photographies dépeignant des scènes de l’époque coloniale (parfois choquantes faut avouer).


Une maison se distingue en particulier, la maison du Ganamet. Elle avait été achetée par un ghanéen, et modifiée par un riche libano-Syrien. Elle présente beaucoup de style différents (colonnes ioniques, arabesques, …). Dommage qu’elle soit dans un si mauvais état. Néanmoins, avec ses lianes et la végétation incrustée dans les pierres on ressent une émotion particulière.



Abou nous a proposé de nous arrêter dans une chocolaterie locale, CHOCO +. Gourmands que nous sommes, on accepte volontiers ! Sur place, on nous explique la confection du chocolat, de la culture au résultat final. Les fèves de cacao sont sélectionnées, ce sont des produits locaux et c’est un marché équitable. Les fèves utilisées ne sont pas celles que l’ont trouve habituellement et qu’ils appellent Mercedes (elles poussent toute l’année, aussi vite que les voitures de la marque d’où leur nom). C’est une variété naturelle. On repart avec des tablettes au chocolat 90%, 70%, gingembre, orange, … Un délice !



On part déjeuner à l’étoile du Sud, un hotel restaurant pas trop mal. On pensait profiter de la piscine, mais c’était sans compter la pluie qui s’est invitée…

On en a profité pour aller voir le phare de Grand Bassam, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco et quelque peu défraichi. Autour, désormais c’est une grande cour qui l’entoure et qui sert de terrain de jeu aux enfants.

On peut croiser de drôles d’animaux de compagnie

JOUR 4
C’est dimanche ! Direction Assinie, ville balnéaire proche d’abidjan. On est allé au Coucoué Lodge. Et là, paradis assuré !
Arrivée à l’hôtel, un petit bateau nous emmène pour traverser la lagune et atteindre l’autre rive : un large banc de sable nous attend et la mer et ses grands vagues s’offrent à nous de l’autre coté. De grands lits à baldaquin, bien espacés nous invitent à la détente. Journée farniente bien mérité. C’est chic, c’est calme, c’est parfait !


Jour 5
Une des journées les plus sympa !
Nous sommes allés dans le poumon vert d’Abidjan : le parc national du Banco. C’est une forêt tropicale primaire en plein cœur de la ville.

Pas un chat ce matin la, alors qu’apparemment le week end le parc est pris d’assaut pour les pic-nique.
La particularité est que plusieurs sentiers ont été aménagés pour accéder au cœur en vélo électrique. On vous le conseille, on a vraiment bien ri. Nous avions pris un guide, parce que mine de rien, on peut facilement se perdre dans ces longs sentiers. Il nous a donné des explications lors de la visite de l’eco musée et de l’harboretum. Il commence à y avoir une pensée écologique en Côte d’Ivoire.


C’était une visite un peu mystique aussi, puisque les arbres ont des vertus, des forces spéciales, et certains sont au cœur de rites ancestraux. Notre guide nous a développé cette partie là, qui était très intéressante. J’ai découvert la racine qui me permettrait, en cas de procès de repartir libre et adorée aux yeux de tous par exemple. En gros, d’avoir toujours raison dans toutes les circonstances 😆


L’après-midi nous sommes allés chiller a la piscine de l’hôtel Ivoire. Compter environ 15000 CFA pour y accéder. Blindée le week end, nous avions ce jour là la piscine rien que pour nous. On vous conseille de déjeuner au Pavillon, la terrasse est super agréable et les poissons très bons.

Jour 6
Ce matin, nous avions prévu d’aller déposer des fournitures scolaires et des ballons à l’orphelinat de garçons de Bingerville.

L’immense bâtisse qui accueille ces 209 enfants avait pour fonction d’origine d’être la maison du gouverneur lorsque Bingerville était la capitale. Par la suite, ce sont les enfants métis nés de femmes ivoiriennes et de colons qui étaient placés ici. Puis, par la suite les filles et les garçons ont été séparés. L’orphelinat des filles se trouve a Grand Bassam.
Une personne sur place nous a fait une petite visite. A faire si vous avez envie de les soutenir, en dons ou en temps.
L’après-midi nous sommes allés voir la fameuse baie des milliardaires. Ce sont des maisons luxueuse de part et d’autres de la lagune, chacune disposant de sa plage privée. Pour y accéder, vous trouverez des bateaux et leur capitaine derrière l’hôtel Wafou.


Nous nous sommes arrêtés chez Rodrigue. Le lieu est désert et sympa, dommage que nous ayons attendu 2h15 pour manger des crevettes surgelées… Diverses activités sont proposées, mais nous nous larvons a la piscine d’un joli bleu Majorelle, propre et chaude. Malheureusement, on ne de baigne pas dans la lagune…


Dernière soirée tous ensemble. Nous dinons au Bushman Café. Un lieu incroyable, hyper arty. C’est un hôtel, et le restaurant est sur un sublime rooftop. C’est un mélange de nombreux styles artistiques différents, et d’époques différentes. On clôture en beauté notre séjour.


JOUR 7
Profitons d’un dernier bain à l’hôtel Ivoire, et retour à Paris….

On a vécu un voyage très dépaysant, riche en histoire(s), saveurs, couleurs, odeurs, et musique. Nous sommes heureux d’avoir eu Abou comme guide, qui a pu nous aiguiller et nous aider. Ca nous a ouvert, et donné envie d’en apprendre plus sur l’Afrique et découvrir d’autres pays de ce continent.
Et puis, David, Tanya, on reviendra vite chez vous aussi !!




