Il y a des îles qu’on visite une fois.
Et puis il y a Serifos.
La première fois que j’y suis allée, en 2021, je n’ai même pas vraiment aimé. Notre logement n’était pas terrible, nous n’avions pas anticipé la location d’un scooter et nous nous sommes retrouvés un peu coincés à Livadi.
Bref, pas exactement le coup de foudre.
Quelques années plus tard, je m’y suis mariée.
Comme quoi, il ne faut jamais rester sur une première impression.
Depuis, je suis retournée à Serifos encore et encore. Et depuis 2024, une nouvelle voyageuse s’est ajoutée à l’équipe : Pita, teckel arlequin de 4,5 kg à l’arrivée — plutôt 4,8 au retour, parce que comme ses parents, elle ne revient jamais vraiment amincie de Grèce — grande amatrice de plages, de terrasses et de tout ce qui est susceptible de tomber d’une table.
Après plusieurs séjours dans les Cyclades, Madame estime donc qu’elle est désormais suffisamment qualifiée pour donner son avis.
Et pour le premier Pita’s Greek Guide, il était assez évident de commencer par notre île de cœur.
Bienvenue à Serifos, à hauteur de teckel.
Pour ceux qui ne situent pas encore Serifos : c’est une petite île grecque des Cyclades, à l’ouest de l’archipel. Moins connue que certaines de ses voisines, elle est aussi beaucoup moins développée touristiquement — et c’est précisément une partie de son charme.
Pour ce premier Pita’s Greek Guide, on commence tranquillement : Serifos vue par Pita, ses habitudes, ses plages préférées et sa petite vie grecque. Les questions plus pratiques — transports, ferry, logements, plages et tout ce qu’implique un voyage dans les Cyclades avec un chien — auront droit à leurs propres articles. Parce que sinon, vous êtes encore là demain.

Pourquoi Serifos fonctionne si bien avec Pita
Serifos était déjà une île très particulière pour nous avant l’arrivée de Pita. Mais voyager avec elle nous l’a aussi fait découvrir autrement.
Avec un chien, et particulièrement avec un chien sensible comme Pita, on ne regarde plus une plage uniquement parce qu’elle est belle. On regarde s’il y a de l’ombre, beaucoup de monde, des enfants qui courent, du vent, si elle va pouvoir se poser tranquillement…
Et Serifos se prête plutôt bien à tout ça.
L’île reste à taille humaine, on peut facilement changer de plage en fonction du vent ou de l’ambiance, trouver des coins tranquilles et passer énormément de temps dehors.
Et puis surtout, Serifos est restée authentique.
Ce n’est pas Mykonos. Ce n’est pas Santorin. Et c’est justement ce qu’on vient chercher ici.
Serifos reste simple, sauvage par endroits, avec ses tavernes, ses petites plages et ses routes qui serpentent dans la montagne.
Il y a de la place. Il y a de la nature. Et personne n’attend de Pita qu’elle porte une robe blanche en lin pour aller boire un cocktail à 28 euros.
Bon.
Elle ne porte déjà pas de pantalon.
Quand partir ? Août ou septembre… avec une préférence pour septembre
Nous allons régulièrement en Grèce en août et en septembre. Avec Pita, les deux fonctionnent très bien.
Mais si je devais choisir la période la plus agréable avec elle, ce serait septembre.
Cette année, nous étions à Serifos du 23 août au 6 septembre, et on a vraiment senti l’île changer au fil du séjour.
Fin août, il fait encore bien chaud et les plages sont plus fréquentées. Puis septembre arrive et, progressivement, l’île se vide.
Et là, Pita vit sa meilleure vie.
Elle court, saute, fait des roulé-boulés dans le sable, va mettre les pattes dans l’eau, revient et recommence.
Pita est notamment très sensible aux enfants, aux gens qui courent et plus généralement à tout ce qui bouge rapidement autour d’elle. On travaille là-dessus et elle a déjà énormément progressé, mais une plage quasiment vide reste beaucoup plus agréable pour tout le monde.
Une plage dog-friendly, c’est très bien. Une plage vide, c’est encore mieux.
Les plages préférées de Pita
Pita a désormais testé une bonne partie des plages de Serifos.
Je pourrais vous parler d’Agios Sostis, Ganema, Kalo Ampeli, Malliadiko et de toutes les autres pendant des heures.
Et je le ferai probablement.
Mais ce sera dans mon guide complet de Serifos, parce qu’ici, c’est Pita qui est censée avoir la parole.
Et certaines plages font vraiment partie de son histoire.

Psili Ammos — forcément particulière
Je ne serai jamais objective avec Psili Ammos.
C’est ici que je me suis mariée.
C’est sur cette plage que nous avons fait la fête jusqu’au lever du soleil. Elle occupait donc déjà une place assez démesurée dans mon cœur avant même que Pita ne pose ses petites pattes dessus.
En septembre, quand la plage commence à se vider, elle a suffisamment d’espace pour courir, jouer, aller dans l’eau et faire ses roulades. Et avec tous les tamaris, on arrive assez facilement à lui trouver un coin d’ombre.
Et évidemment, il y a Stefanakos, la taverne où nous avons organisé notre mariage et où nous retournons toujours avec énormément de plaisir.
Disons simplement que Pita n’est pas la seule membre de la famille à être heureuse lorsqu’on annonce une journée à Psili Ammos.
Platis Gialos — sa première nage toute seule
Platis Gialos restera toujours un peu particulière pour moi pour une raison très simple :
c’est ici que Pita a décidé de nager toute seule pour la première fois.
Il y a un endroit qui forme comme une petite piscine naturelle, sans vague, avec une eau très calme.
Et cette fois, sans qu’on lui demande quoi que ce soit, elle s’est lancée.
Et elle a nagé.
Toute seule.
Alors évidemment, vu de l’extérieur, il s’agissait probablement simplement d’un teckel de 4,5 kg faisant quelques mouvements de pattes dans la mer Égée.
Moi, j’étais très émue.
Chacun ses grands événements de vacances.
En plus, Platis Gialos est très tranquille et particulièrement bien abritée du vent. Et juste à côté se trouve Nikoulias, l’un de nos restaurants préférés de l’île.
Mais je m’arrête là, sinon je vais commencer à parler de calamars frits et cet article va prendre une tout autre direction.
Karavi — la plage des copains
Karavi, on l’aime surtout en fin de journée.
Il y a généralement peu de monde et plusieurs personnes du coin viennent avec leurs chiens. Certains font du paddle, les chiens courent sur le sable et l’ambiance est très tranquille.
Et Pita adore ça.
La voir courir sur la plage avec ses petits compagnons fait partie de ces moments extrêmement simples qui me rendent beaucoup trop heureuse.
Oui, je suis cette personne.
Livadakia — la plage facile
Et puis il y a Livadakia.
Accessible directement depuis Livadi, c’est notre plage de « on vient d’arriver et on n’a pas encore récupéré le scooter », de « le ferry est dans quelques heures » ou simplement de fin de journée.
Elle est facile, belle et l’eau est magnifique.
Et juste à côté, il y a Vassilia, l’hôtel-restaurant de notre ami Frixos, où l’on est toujours adorablement accueillis.
Pour Pita comme pour nous, Livadakia fait un peu partie de la routine de Serifos.
Une journée très chargée dans la vie de Pita à Serifos
Pita n’est pas franchement du matin.
Il faut dire qu’en vacances, elle dort généralement entre nos deux oreillers, en prenant une place assez peu proportionnelle à ses 4,5 kg.
Le matin, c’est donc plutôt moi qui me réveille avec un coup de patte dans la figure que Pita avec une caresse de ma part.
Première urgence : le jardin pour faire ses besoins.
Puis vient le petit-déjeuner. Gabriele prépare généralement un yaourt avec des fruits, on sort quelques gâteaux de la bakery et Pita cherche ses friandises dans ses peluches et sa gamelle.
Et lorsque nous avons terminé, Madame vient consciencieusement lécher les restes de nos bols de yaourt.
Est-ce la meilleure habitude alimentaire ? Probablement pas.
Est-ce que ça lui fait plaisir et que ça nous fait plaisir de lui faire plaisir ? Absolument.
Ensuite, on choisit la plage en fonction du vent, de nos envies… et de celles de Pita.
Parce qu’il existe un moyen extrêmement simple de savoir si elle veut venir :
elle saute dans son sac.
Pita est un chien de sac.
Entre marcher et se faire transporter, son choix a été fait depuis longtemps.
Cette année, nous nous déplacions beaucoup en scooter. Elle voyageait dans son sac entre Gabriele et moi et, comme elle n’aime pas particulièrement le vent, il lui arrive de cacher sa tête sous mon bras.
Puis on arrive à la plage.
Et là, étrangement, le chien qui ne voulait surtout pas marcher cinq minutes auparavant retrouve une énergie absolument phénoménale.
Elle court, saute dans l’eau, fait des roulades dans le sable.
Au début du séjour, on la garde davantage en laisse. Puis elle s’habitue progressivement à son environnement et, avec les plages qui se vident, on peut lui donner plus de liberté.
Ce qui est appréciable pour tout le monde, y compris pour les quelques enfants qu’elle a réussi à faire pleurer en leur aboyant dessus en début de séjour.
Oui.
Pita est très douce.
Pita est également un teckel avec des opinions.
Sur la plage, chacun a théoriquement sa serviette.
Théoriquement.
Pita possède la sienne mais préfère squatter les nôtres ou creuser des trous juste à côté pour les recouvrir de sable.
Nous avons donc passé deux semaines à tenter d’obtenir une serviette propre.
Nous avons échoué.
Elle a également développé en Grèce une passion pour les bâtons. Elle se pose, les mâchouille tranquillement et ça lui permet aussi de détourner son attention de tout ce qui bouge autour d’elle.
Et au fil du séjour, lorsqu’elle commence vraiment à se sentir en sécurité, il se produit quelque chose qui me fait complètement fondre :
elle s’endort sur la plage.
J’ai des vidéos d’elle couchée à l’ombre, profondément endormie, avec simplement le vent qui fait bouger les longs poils de ses oreilles.
Évidemment, je trouve ça extraordinaire.
Je rappelle que cette chienne occupe une proportion tout à fait déraisonnable de ma photothèque.
Et pour déjeuner ?
Soit nous avons prévu notre pique-nique : spanakopita, tyropita ou part de pizza et Caprice.
Beaucoup de Caprice.
Soit nous allons dans une taverne et on mange à la grecque, avec plusieurs plats au milieu de la table.
Quand je dis tout le monde goûte à tout, j’inclus évidemment Pita.

Après la plage, en revanche, passage obligatoire par la douche. Le sel et le sable ne sont pas particulièrement tendres avec ses petits poutous, donc on la rince systématiquement.
Elle déteste ça.
Elle se défoule ensuite quelques minutes avant de finalement s’écrouler.
Et elle dort.
Voyager avec Pita, c’est aussi savoir la laisser tranquille
Une journée de vacances qui nous paraît tranquille peut représenter énormément de stimulations pour elle : plage, scooter, gens, bruits, odeurs, chiens, chats…
Alors parfois, on voit simplement qu’elle est rincée.
Et dans ce cas-là, elle ne vient pas avec nous au restaurant le soir.
On la laisse tranquillement à l’appartement, au frais. Elle dort, nous allons dîner et tout le monde est très content comme ça.
Voyager avec son chien ne veut pas forcément dire l’emmener partout. Avec Pita, on a appris que c’était aussi savoir quand elle préférerait qu’on lui fiche un peu la paix.

Quand elle vient avec nous, elle aime être installée sur une chaise dans son sac ou sur mes genoux. Depuis sa mauvaise expérience avec un chat, elle est particulièrement méfiante la nuit, donc on la laisse choisir l’endroit où elle se sent le mieux.
Et certains soirs, on reste simplement tous à la maison.
On mange sur la terrasse pendant que Pita navigue entre la banquette à côté de moi, son transat et le salon. Et lorsqu’elle estime avoir suffisamment participé à notre vie sociale, elle disparaît sous le canapé.
Fin de service.
Pour la dernière balade, je lui mets son collier lumineux.
Puis tout le monde va se coucher.
Pita commence généralement la nuit dans son propre lit, à côté de nous. Quelques heures plus tard, je sens une petite présence qui demande à monter.
Je la récupère.
Elle retourne entre nos deux oreillers.
Et le lendemain matin, je me reprends un coup de patte.
La boucle est bouclée.
Alors, Serifos avec Pita ?
Pour qu’une destination mérite l’approbation de Pita, il faut à peu près : de l’espace pour courir, de l’ombre pour dormir, une eau calme pour se baigner quand Madame le décide, quelques copains chiens mais pas trop, des terrasses accueillantes, suffisamment de tranquillité pour récupérer et une probabilité raisonnable que quelque chose tombe de la table.
Serifos coche à peu près toutes les cases.
🐾 Le mot de Pita
J’ai testé Serifos plusieurs fois.
Plages : validées.
Bâtons : validés.
Copains chiens : validés.
Nourriture qui tombe de la table : pourrait mieux faire.
J’émets néanmoins une réserve concernant les douches après la plage.
Verdict : je reviendrai.
Pour moi, cette île était déjà particulière.
J’y suis revenue après ne pas l’avoir aimée la première fois. J’y ai créé des habitudes, des souvenirs, des amitiés. Je m’y suis mariée.
Et maintenant, il y a aussi Pita.
La voir courir sur Psili Ammos, s’endormir avec les poils des oreilles qui bougent dans le vent, retrouver ses copains à Karavi ou se lancer toute seule dans l’eau à Platis Gialos fait désormais partie de mes souvenirs de Serifos.
Alors oui, évidemment, je manque totalement d’objectivité.
Mais Pita aussi.
Et visiblement, on a toutes les deux décidé que Serifos était une très bonne idée.
Note de Pita : reviendra.
Probablement à 4,5 kg.
Probablement pas à 4,5 kg au retour.
🐾🇬🇷

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